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Foire aux questions avec le co-fondateur et président d’Hortau, Jocelyn Boudreau

Pionnière dans l’industrie des technologies de l’agriculture, Hortau célèbre son 15ème anniversaire.

Afin de souligner les 15 ans de la société, le co-fondateur et président d’Hortau, Jocelyn Boudreau a pris quelques minutes pour discuter de cette étape importante sous forme de foire aux questions avec le directeur des communications, Brian Milne. Voici son opinion sur l’évolution des technologies de l’agriculture et sur ce qui nous attend pour les 15 prochaines années :Hortau CEO Jocelyn Boudreau

Pouvez-vous croire que ça fait déjà 15 ans?

Ce fut une aventure incroyable. Le fait que nous avons été capables de nous établir comme nous l’avons fait au Canada, aux États-Unis et maintenant dans le monde entier me rend tellement fier de l’équipe et de comment nous avons été en mesure d’évoluer et de s’ajuster à une industrie émergente.

À nos débuts en 2002, les technologies de l’agriculture n’existaient pratiquement pas. Toutefois, nous avons commencé à former une équipe formidable et une technologie incroyable, puis nous avions heureusement des amis, de la famille et quelques cultivateurs avant-gardistes qui ont eu une confiance solide en nous dès le départ.

Lorsque vous avez cofondé la compagnie, aviez-vous envisagé qu’elle prendrait de l’expansion comme elle l’a fait, en se développant mondialement à travers des centaines de cultures?

Avoir été capable de s’établir dans des centaines de cultures à travers chacune des grandes régions agricoles d’Amérique du Nord veut dire beaucoup.

Cela va bien au-delà de prouver notre concept. Notre système fonctionne dans n’importe quel type de culture, type de sol ou système d’irrigation. Ce ne sont pas toutes les compagnies œuvrant dans les technologies de l’agriculture qui peuvent affirmer cela de façon honnête, même aujourd’hui.

Par exemple, la culture des canneberges en est une qui dépend de beaucoup de l’eau et nous avons été en mesure de prouver à nos cultivateurs qu’ils peuvent diminuer drastiquement l’utilisation d’eau, mais aussi augmenter le rendement de leur production au-delà de ce que nous croyions auparavant être la limite génétique de la plante. C’est un choc pour beaucoup de personnes. Nous avons d’ailleurs pu étendre la technologie à d’autres cultures, telles que les amandes et les fraises. C’est étonnant de voir les résultats que nous avons obtenus.

Au début, quels étaient les principaux enjeux liés au développement d’une compagnie spécialisée en technologies de l’agriculture?

En fait, pour l’agriculture, on faisait de l’internet des objets bien avant que ça devienne une nouvelle tendance. Ainsi, il y a eu plusieurs obstacles en termes de communications dans les zones rurales au début. À cela s’ajoutaient les enjeux quotidiens de développer une technologie, de construire une équipe ou encore d’exécuter un modèle d’affaires.

Au niveau de la technologie, notre système a dû résister aux aléas de l’agriculture de tous les jours. La technologie, nous pouvions la contrôler; mais de nombreuses fois les obstacles liés aux infrastructures étaient hors de notre portée.

Finalement, nous avons consacré beaucoup plus de temps et d’énergie à l’infrastructure (déplacement vers les réseaux cellulaires et vers des appareils à énergie solaire) que sur la technologie et les capteurs. Cela s’est produit parce que nous voulions ajouter de la valeur au niveau agronomique et de l’information en temps réel pour que les agriculteurs puissent anticiper et ainsi prendre des décisions de gestion éclairées concernant leur l’irrigation.

Ceci étant dit, ces premières années ont été une mine d’or d’apprentissages pour nous. Puis au cours des 4-5 dernières années, nous avons pu évoluer beaucoup plus vite, comme nous n’avons pas à apprendre au fur et à mesure.

Vous avez obtenu vos diplômes de baccalauréat et de maîtrise en génie de l’agriculture, mais avez aussi grandi sur une ferme et avez une profonde appréciation de l’agriculture. Hortau, comme son nom l’indique, a contribué à apporter de la technologie à l’horticulture et à l’agriculture commerciale. Vous avez combiné deux de vos passions dans cette compagnie; comment ça s’est passé?

C’est difficile à expliquer. C’est un sentiment fascinant lorsque vous avez aidé à créer quelque chose qui est devenu plus grand que vous. Il arrive un moment où la technologie et le système commencent à appartenir aux gens, c’est-à-dire à nos employés et, de façon tout aussi importante, à nos clients.

C’est quelque chose à quoi je n’ai jamais pensé avant de m’embarquer dans tout cela. On a des cultivateurs qui discutent du fait qu’ils se réveillent à tous les matins, puis la première chose qu’ils font, c’est de prendre leur appareil mobile afin de voir ce qui se passe dans leur sol. C’est fascinant de voir comment les cultivateurs s’approprient le système, mais c’est également gratifiant pour toute l’équipe de savoir que nous faisons une différence dans leurs vies.

Quelle importance accordez-vous à la mesure et au fait de s’assurer que votre technologie de l’agriculture est précise?

Maintenant que les technologies habilitantes sont en place et que l’industrie des technologies de l’agriculture peut tirer profit des technologies mobiles, infonuagiques et solaires, on revient à détecter les bonnes choses et à comprendre ce qu’on mesure et pourquoi c’est important.

Plusieurs échecs dans l’industrie proviennent de cet élément : ne pas utiliser les bons paramètres de détection et échouer à créer de la valeur pour le cultivateur. La tension du sol constitue le fondement de notre plate-forme, car c’est une approche centrée sur les cultures et sur la disponibilité de l’eau dans le sol, ce qui maximise la photosynthèse et la production.

Pour le cultivateur d’aujourd’hui, lorsque les marges de profit sont minces comme jamais, vous devez créer de la valeur et vous devez supporter cette valeur avec un service agronomique ainsi qu’un soutien aux cultivateurs. Si le soutien nécessaire n’est pas offert et que vous ne fournissez pas les données appropriées, et ce, de manière cohérente en temps réel, ça ne favorisera pas l’adoption de la technologie.

À quel point le soutien du cultivateur ainsi que le soutien agronomique au niveau de la ferme sont essentiels à vos cultivateurs?

C’est de l’agriculture. Si vous ne soutenez pas votre plate-forme de la bonne façon au niveau de la ferme, vous ne survivrez tout simplement pas.

Même dans l’ère numérique actuelle des téléphones intelligents et d’internet mobile, vous ne pouvez pas prendre ce qui fonctionne à Silicon Valley et vous attendre à ce que ça fonctionne en agriculture.

Vous devez adopter une approche futée et devez la mettre en place de façon appropriée en tant qu’équipe. Plusieurs personnes de notre équipe proviennent de l’agriculture. Ils comprennent ce que ça prend pour grandir sur une ferme. Ils sont des scientifiques du sol et comprennent ce qu’est l’agronomie et les concepts tels que la tension du sol, la gestion du stress de la culture en temps réel et peuvent ainsi aider nos clients à produire plus avec moins. Mais au-delà de tout ça, ils savent comment travailler de pair avec les cultivateurs afin qu’ils comprennent mieux nos systèmes, tirent le meilleur de leurs champs et simplifient leur fardeau de gestion quotidien.

Vous avez mentionné l’équipe de nombreuses fois. À quel point l’équipe est importante afin de construire avec succès une plate-forme de technologie de l’agriculture?

Les gens représentent tout. Sans notre équipe, nous n’avons rien.

Au cours des années passées chez Hortau, il y a eu des hauts et des bas; vous devez donc trouver des gens avec le bon esprit entrepreneurial. Ils doivent avoir du talent, bien évidemment. Notre équipe est composée de plusieurs personnes talentueuses, mais vous devez également être prêt à faire partie d’une aventure.

C’est ce qu’ont été les 15 dernières années, une aventure. Je suis impatient à l’idée de voir ce que nous apporteront les 15 prochaines.